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Une question, malencontreusement sans réponse, vient ici à l’esprit : où se trouvait précisément le monastère de Figeac ? Si l’on admet qu’il était situé sur la rive droite du Célé, il y a lieu de l’imaginer sur l’actuelle place de la Raison, son cloître jouxtant le flanc sud de l’église Saint-Sauveur. De ses murs il ne reste rien d’apparent, leurs pierres ayant, depuis longtemps, servi à bâtir et rebâtir les constructions urbaines.
Il n’est toutefois pas vain d’admettre que l’actuelle chapelle Notre-Dame de Pitié, et ancienne salle de réunion des chanoines, ait été auparavant la salle capitulaire du monastère ; son accès se faisant à partir du cloître. Sont à y voir plusieurs panneaux sculptés présentant de façon naïve la vie de Jésus : ils datent du XVIIe siècle. De même demeurent, de nos jours, certaines des parties les plus anciennes de Saint-Sauveur, dont la construction a commencé au XIe siècle. Appartiennent aux premiers travaux les soubassements de l’église ainsi que les bas-côtés de style roman. Le chœur et les parties hautes de l’édifice primitif ont été victimes des hommes plutôt que du temps : l’occupation protestante de la ville ayant été la cause de destructions diverses à la fin du XVIe siècle.
Deux siècles plus tard, un dôme est venu coiffer la croisée du transept – qui s’effondrera au début du XXe ; entre-temps, la période révolutionnaire a temporairement décoré le clocher d’un drapeau tricolore et d’un bonnet phrygien fait de tôle.
Sous la révolution, alors qu’il ne restait plus aucune trace de l’abbaye Saint-Sauveur, un édifice particulier a orné la place de la Raison, alors appelée comme il se doit : place de la Révolution. Il s’agissait d’une petite construction dédiée à la Société populaire dite des « Amis de la Constitution ». On pouvait y pratiquer toutes sortes de jeux de hasard, à l’exclusion des jeux de commerce du genre piquet, tric-trac ou bête-ombrée ; mais son accès était formellement interdit aux habitants de la ville qui n’étaient pas membres de la Société.
La société populaire a disparu avec la Révolution ; et le maçon qui avait édifié son lieu de réunion et de divertissement, sans jamais avoir été payé pour son travail, a été autorisé à en récupérer les pierres.A proximité du verger du monastère se trouvait le pont du griffoul, construit au IXe siècle, permettant de passer d’une rive à l’autre du Célé. Le pont a été démoli et reconstruit à la fin du XIXe siècle lors d’une vaste opération de rénovation urbaine et, fait curieux, l’une des cuvées du pont a été intégrée dans le mur d’un immeuble voisin, bordant l’actuelle rue Gambetta – partiellement visible à l’intérieur d’un magasin existant…
Le pont a longtemps été doté d’une fontaine, dite du griffoul, dont l’eau provenait de… Londieu ; une partie de l’eau franchissait la rivière par une canalisation et remplissait une vasque de marbre, aujourd’hui implantée dans le Carmel de Figeac.
Demeurent à proximité, cet obélisque qui a été dressé près de la rivière à la mort de Jean-François Champollion, survenue en 1832, ainsi que le monument édifié à la mémoire du capitaine Auguste Anglade, mort au champ d’honneur durant la guerre franco-prussienne de 1870.
‑ « Fiat ! Qu’il en soit ainsi ! », a dit le roi Pépin.
Texte Guy Chassagnard – Illustrations Editions Segnat
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