Entre Parnac et Luzech, sur les hauts de Saint Vincent Rive d’Olt, “Le Bout du Lieu”, sans être celui du monde, n’est en rien le terminus d’un improbable voyage mais l’aboutissement d’une quête (pour ne pas dire conquête) en légitime reconnaissance d’un enracinement presque séculaire. Rien de mystérieux pourtant au “Bout du Lieu”.
On débarque au crépuscule un 13 Février, on frappe a l’huis métallique du chai. Une voix de stentor invite. Huit degrès. On remonte le col de la veste en laine. Une poignée de main dont on se souvient, celle d’un homme trappu de type méditerranéen, avenant, fier de ses origines transalpines, d’une jeunesse sans âge construite par la passion du travail qui ennoblit. Une allée de cuves en inox de 185 à 195 hectolitres. Au beau milieu, une table de jardin en bois rectangulaire et ses deux bancs. Assis. On sert un client ? Non, on reçoit un collègue.
Le ton monte, on s’insurge contre l’absurdité d’une législation tellement contraignante visant à protéger du traitement des vignes des particuliers ayant élu domicile en zone agricole ! L’homme a du caractère…En coin de table, deux verres en pyrex et quatre tulipes. Le regard snobe les tulipes.
Trop belles ! C’est le pyrex qui parle aux yeux. Petit vase d’épaisse matière réputée incassable que la paume enveloppe aisément. On touche, on simule le port en bouche pour…un bond de plus d’un demi-siècle…
Papa se tient debout dans ses savates de corde fatiguées, gitane maïs au bec, en short et maillot de corps bleu marine parce que c’est l’été. En face, Antonin Delfour le maître des lieux, un homme jovial, hâbleur. Chemise à carreaux, gilet de chasse kaki avec de nombreuses poches. Sans le vouloir, il pose entre les barriques de sa cave rendue plus sombre par l’aveuglante lumière des bords du Lot. Presque froid. On revient de la pêche de chez De Godusson, le gentleman farmer du Caillac de la fin des années 50 et son aristocratique château en bout de Cévennes, face à Lapoujade où se trouve la cave Delf, aujourd’hui en sommeil, rattachée au florissant château Lagrézette d’Alain-Dominique Perrin qui commercialise encore des bouteilles habillées Delf – Merci Monsieur, dit la mémoire d’un autre temps. – Oui, il aime le poisson, même s’il n’a plus guère de loisir à consacrer à …
… Des rencontres, des portraits, des histoires d’hommes et des rencontres à vivre, DIRELOT magazine vous en propose dans chacun de ses numéro depuis plus de 30 ans. Malgrè la situation, nous espérons pouvoir poursuivre nos publications magazines prochainement et comptons plus que jamais sur vous amis lecteurs. N’hésitez pas à nous accompagner en vous abonnant à DIRELOT, c’est directement en ligne dans la boutique, que vous soyez à Cahors ou à San Francisco… DireLOT Mag viendra à vous.
Textes A. IDEZ – Photos DIRELOT
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