Originaire du sud-est de la France, Benjamin Zimra a fait ses armes en Corse où sa formation en biologie lui a permis de travailler comme technicien de l’environnement et de s’y forger des convictions. Son engagement pour l’agro-écologie l’a conduit à Escamps où il produit et transforme des plantes aromatiques et médicinales.
« Notre installation dans le Lot résulte d’un coup de cœur pour sa nature préservée et son climat. C’est aussi un choix d’ordre socioculturel, avec une aspiration à nous ancrer dans un cadre rural avec l’idée de faire quelque chose de « différent », en valorisant un produit. Les plantes aromatiques s’inscrivent dans cet esprit avec la possibilité de développer ici une production qualitative en lien avec l’économie sociale et solidaire. ».
L’activité a modestement commencé par l’aménagement d’un demi-hectare de plants et l’auto-construction d’un alambic pour produire huiles essentielles et hydrolats, puis gels douche et tisanes. Ce principe d’agriculture artisanale, dont la qualité et la fiabilité n’ont rien à envier à l’industrie, a notamment conduit Benjamin Zimra à se diversifier : « C’est l’esprit de la ferme avant que la monoculture ne fasse ses ravages. J’ai, par exemple, un atelier de poules compagnes qui assurent, outre la production d’œufs bio, le désherbage des parcelles et la lutte contre les parasites. ».
« Dans le Lot, la dimension humaine est un vrai atout, la mise en réseaux, le bouche à oreille, ouvrent des horizons et créent une dynamique reconnue au-delà du département. J’ai pu mettre au point récemment avec un ingénieur, Pierre Lavergne, un second alambic unique en son genre, mobile, autonome et écologique, pour distiller au plus près de la production. Sa chaudière est alimentée aux huiles végétales et de friture recyclées. ». Benjamin Zimra, qui représente les plantes aromatiques au sein du regroupement des agriculteurs bio du Lot « Bio46 », s’est également rapproché du réseau coopératif « Virgo Coop », pour l’émergence de filières locales responsables (lire article Mathieu Thiberville). Même objectif, même engagement : renouer avec une production locale et respectueuse, où la tradition a aussi sa place.
PHOTO P.M

