Ils appartenaient autrefois au dense tissu d’activités qui animait les villages. Ils sont souvent aujourd’hui les rares points de vie encore présents dans des bourgs de quelques centaines d’habitants. Les petits commerces ruraux, s’ils n’ont pas tous disparus, savent garder leur raison d’être et faire preuve d’imagination pour être toujours là, à proximité.
À Boissières, rien n’a changé ou presque. Sur les cartes postales du village éditées par le Midi Prix au fil des décennies, le paysage semble immuable. Comme le magasin, ouvert en 1926. Leurs grands-parents avaient une épicerie, Jacky Aymard et sa sœur Annie Pointelin tiennent aujourd’hui ce que l’on appelle un multiple rural. Leurs parents avaient, avant eux, repris le commerce dans les années 60 : « trente ans sans congés, ils ont été esclaves du travail toute leur vie ! Ils ont pu prendre des vacances quand on a commencé avec eux. Aujourd’hui, c’est entre frère et sœur. »
La clientèle vient du village et des alentours, et reste souvent fidèle. « Les clients sont des amis, beaucoup nous ont vu naître, ils nous tutoient… », racontent les commerçants. En été, les nombreux résidents secondaires apprécient aussi ce commerce de proximité, certains appellent pour réserver leurs provisions avant leur séjour. « C’est surtout du dépannage, concède l’épicier, mais nous avons plus de clients aujourd’hui qui s’approvisionnent complètement ici. On a tout ce qu’il faut pour que les gens fassent leurs courses sans avoir besoin d’aller ailleurs. »
« c’est une façon de se démarquer,
on se bat sur la qualité. »
Si tous les produits conditionnés proviennent d’un grossiste de la grande distribution, le Midi Prix de Boissières met l’accent sur le local. Fromages, charcuteries, viande, conserves de canard… contribuent au succès du magasin : « c’est une façon de se démarquer, on se bat sur la qualité. » Produits frais et fromage à la coupe font le fond de commerce, mais c’est surtout le pain, venu de Mercuès et de Thedirac, qui garantit une clientèle régulière. « Les boulangers n’aiment pas que je dise ça, mais c’est notre produit d’appel, explique Jacky, c’est lui qui nous tient. »

S’y ajoutent le gaz, la presse, et le Relais-Poste qui apporte un petit complément… et des clients. Le bureau de tabac, trop contraignant, a été abandonné. Les tournées aussi, sauf quelques livraisons au domicile de personnes qui ne peuvent pas se déplacer.
Le magasin, ouvert six jours sur sept, est aussi un lieu de rencontres, un relais d’information pour des associations locales… Il manque juste, au dire de certains clients, un petit coin brasserie-bar (les grands-parents épiciers tenaient d’ailleurs un restaurant), mais cette ambition se limite pour l’instant à quelques tables pour permettre de se rafraîchir avec les boissons du magasin… Poursuivez la lecture de ce dossier en commandant le PDF ou la version papier du magazine ici : https://direlot.fr/boutique/direlot/direlot-244-nov-dec-2018/
Textes et photos Ch. Pelaprat

