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À lire

Un éte dans le Lot / Tyrannique, l’été s’offre deux mois de passion.

par Vincent Besserve 26 août 2020
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Texte Alain Idez – Photos Laurent Delfraissy

Tout se soumet, rien ne se refuse. Grillé, désolé comme chaume, le Causse, figé dans le mutisme n’oppose à la fournaise que la dignité résistante de ses collines de chênes rabougris au vert pâlissant. Ailleurs c ‘est la fête. Foule d’inconnus bariolée. Ruelles et pavés vibrant de tonitruante activité. Partout sur les trottoirs on mange, on boit, on parle haut, on rit aussi. Fort. Les tournesols perdent la tête pour trois pétales de coquelicot. Les gosses ont les pieds dans l’eau, mamie enfourne la tarte aux gariguettes. Le soleil joue de l’orgue dans le blé qu’on moissonne. Tout embaume et tout resplendit. Beau.

Lentement la brosse démêle, aère la soyeuse crinière de la baigneuse de Saint Cirq-plage, tandis qu’à l’ombre noire de l’abrupte falaise la barque déchire avec précaution le reflet tremblant de désir du plus beau village de France en aplomb. On fouette sec. Ploc!Ploc! Puis on mouline sans hâte, le leurre longe l’antre du monstre. Patience répond à méfiance…Et brusquement se tord la canne…Combat. Il connaît bien le scénario tel le vieil homme d’Hemingway. Le brochet mue en espadon, le poisson de sa vie…Le savoir-faire l’emporte sur l’aveugle désespérance. Ultimes soubresauts dans le bateau. Fier.

Elle, ravie pour lui, fait tournoyer comme oriflamme triomphant son châle dans l’air transparent. Rouge. Sourires complices et poing levé…Mais le temps a vieilli…Sagement elle plie le plaid fleuri incrusté de fétus, trie les épars reliefs du déjeuner sur l’herbe à l’ombre chaste du noyer. Ils s’aiment aussi fort que Lot, Dordogne et Célé jalousent ces trous à carnassiers dans leur écrin de tendresse. Verte.

Plus avant, à jour déclinant, la terrasse de bourdonnante glycine au parfum bleu délavé promet aux gourmets la désinvolte ivresse des soirs sans fin qui se répètent. Suave, la chair du melon de Castelnau. Orange. Elle craque d’abord pour fondre en bouche dans des chuintements de plaisir juteux mal contenus, douceur mêlée à quelques bienvenus copeaux de jambon sec. Chacun savoure, paupières closes. On joue à oublier l’autre qui lève son verre de Malbec. Noir. On trinque à …on ne sait plus…Qu’importe!

Tardive, la langoureuse amante de l’astre au repos, s’avance confuse, zébrée de paresseux éclairs de chaleur. Pour eux seuls. Arrogance insensée de qui croit maîtriser le Temps! Pourquoi étirer sa somnolence sous le ballet muet des chauves-souris, dans les senteurs mentholées de fraîche fenaison et les cri cri stridents des grillons amoureux quand les mains se frôlent, les pensées se touchent et qu’appelle la couche? L’épaule cuivrée espère l’étole. Frileuse. On s’aime l’Eté en Quercy.

Poèmes :

Vacances

Sur le Causse désert brûlé par le soleil

Le progrès et le Temps dorment d’un lourd sommeil

Mais voici deux enfants deux bambins de la ville

Deux êtres de pitié malingres et fragiles

Ils sortent du ghetto de quelque grand ensemble

D’un de ces nids douillets où le béton ressemble

Comme deux gouttes de ciel gris à la tristesse

Papa Maman de vrais arbres de vraies fleurs

Un lapin dans la vigne t’as vu comme il a peur

Un chien dans les bleuets dis comme il est mignon

C’est la première fois que j’entends le grillon.

Alain Idez – 1968

Le marché de Cahors

Le marché de Cahors,

Aux pieds de la Cathédrale

Comme au moyen-âge

Comme sous Henri IV

Comme sous le pape Jean…

Dans ce mouvement de couleurs

Dans cette rumeur

De Samedi

Je cherche du regard

Cette fleur vagabonde

Qui apparaît, disparaît

Entre les têtes, les étals,

Les toiles colorées qui claquent,

Les fleuristes, les buissons rocheux d’huîtres,

Les montagnes de fruits et de légumes.

Dans cette rumeur

C’est le chant de la terre, du soleil,

De la joie qui s’élève.

Dans ce mouvement de couleurs

Je cherche du regard

Cette fleur vagabonde

Et mes vers s’habillent

De l’or des vieilles pierres.

Peuples gorgés, peuples repus,

Ne pouvez-vous allonger

Votre nappe chargée de victuailles

Vers ces horizons brûlés

Vers ces multitudes affamées?

Auteur : Marcel Louis Legrand

Extrait du livre « Les amoureux de Cahors » – 1974

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