Félicitations à Hélène Ferrarini, journaliste installée à Espagnac-Sainte-Eulalie qui a notamment collaboré au magazine DIRELOT et qui se retrouve finaliste du prix Albert Londres pour son enquête « Allons enfants de la Guyane. Éduquer, évangéliser, coloniser les Amérindiens dans la République » publiée en septembre 2022 aux éditions Anacharsis.
DireLOT avait médiatisé l’ouvrage à sa sortie… retrouvez notre chronique lecture ici :
En Guyane, pendant des décennies – et aujourd’hui encore à Saint-Georges-de-l’Oyapock –, des enfants de différentes communautés autochtones ont grandi dans des « homes indiens », des pensionnats tenus par des congrégations catholiques. Pendant plusieurs années, la journaliste Hélène Ferrarini, installée dans le Lot, a enquêté sur l’histoire de ces internats où les enfants amérindiens ont été placés par l’État français à partir de 1949. D’entretiens menés auprès d’anciens pensionnaires, de quelques religieux et d’autres témoins au dépouillement de plusieurs fonds d’archives, dont certains inédits, les fragments d’informations recueillis et mis bout à bout racontent l’histoire de l’internement, organisé par l’État français, d’enfants appartenant aux populations que les autorités classaient officiellement jusqu’en 1969 comme « primitives ». C’est ici l’histoire stupéfiante, à la fois anachronique et symptomatique, de la politique d’assimilation forcée menée par l’État français appuyé sur le clergé catholique dans un jeune département d’outre-mer. Des pensionnats de ce genre, il en a existé sur de nombreux territoires au cours du xxe siècle, partout où l’on souhaitait « tuer l’indien dans l’enfant » par une assimilation à marche forcée. De nombreux témoignages venant notamment du Canada font surface aujourd’hui et on peut constater que les dégâts causés par cette politique sur les communautés amérindiennes sont immenses et impossibles à mesurer. En France, aussi, donc, ce système a fait florès – et n’est pas encore révolu. Mais nulle voix n’était encore parvenue depuis la Guyane pour le faire entendre. Ce livre lève ainsi le voile sur une histoire jusqu’alors ignorée dans laquelle la parole des anciens pensionnaires trouve enfin une place.
Hélène Ferrarini est journaliste indépendante, travaillant pour plusieurs médias (Le Monde diplomatique, RFI, La Revue dessinée…). Basée dans le Lot, où elle a grandi, elle collabore à Dire Lot depuis 2017. Ces dernières années, elle a principalement travaillé sur la Guyane, où elle se rend régulièrement. Son premier ouvrage, paru en 2017, intitulé Petit guerrier pour la paix, les luttes amérindiennes racontées à la jeunesse (et à tous les curieux) est un livre d’entretien avec le militant et juriste autochtone Alexis Tiouka.
Tarif : 16 euros
Éditions : Anacharsis
Hélène FERRARINI a notamment écrit la série Quercy Rouge sur les grands affaires criminelles lotoises dans le magazaine DIRELOT. Six épisodes à retrouver dans votre magazine du n°251 au n°256, revues disponibles à la commande dans la boutique en ligne du site www.direlot.fr Elle a aussi mené des entretiens exclusifs avec les célèbres anthropologues Pierre Descola et Anne-Christine Taylor pour le magazine DIRELOT dans le n° 257, également disponible dans la boutique en ligne.
Découvrez notre rubrique lecture dans chaque numéro de DIRELOT avec, à chaque parution en bonus, la recommandation lecture de l’un des 7 libraires indépendants du LOT !
