Auteur Vincent BESSERVE – Le 10 / 06 / 2026
Six heures. La maison dort. Quelques brumes trainent encore dans les combes lointaines, présage d’une journée chaude. Au premières effluves de café, l’ainée des filles saute du lit. La cadette, que le virus de la cueillette n’a pas encore atteint, n’ouvrira un œil qu’au bourdonnement des guêpes derrière les volets clos. Chemises enfilées à la hâte, des bottes pour protéger les mollets des griffures des ronces et la petite troupe conduite par une grand-mère experte, prend le chemin des bois.
Depuis hier, en effet, « ils se trouvent ». La nouvelle s’est épandue de fermes en villages et tout un chacun quittant qui son maïs à rentrer, qui son atelier, a levé le pied dès l’aube en quête de la manne capricieuse, de l’or brun, du roi des sous- bois, le cèpe.
Les bolets sont sans doute ramassés dans toute l’Europe et au-delà. Il en existe peu toutefois avec une saveur et un parfum équivalent à ceux qui, de juin à octobre, vont percer les tapis feuillus d’Aquitaine ou d’Occitanie entre Périgord et Pyrénées. Mystère de la géologie et des climats, conjonction subtile et bénéfique de l’Autan, du Marin et des vents atlantiques, inexplicable alchimie végétale dont… à lire dans notre magazine disponible ici : https://direlot.fr/boutique/direlot/direlot-289-mai-juin-2026/
