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Martel, Gramat… Eglises singulières au fil des hameaux

par Vincent Besserve 4 avril 2022
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Abandonnées, oubliées, symboles de paroisses disparues, ces églises écartées du culte n’auraient pu qu’être ruines. Aujourd’hui dans des lieux improbables, parfois privées, elles doivent leur salut à des actes passionnés. Portraits de quelques méconnues du patrimoine lotois.

Ginouillac (Espédaillac), Gardienne des champs

Au pas de sa porte, un vaste champ de blé ; à quelques mètres, l’imposant bâtiment d’une bergerie : Sainte-Appolonie se confond avec l’exploitation de la famille Raffy. Lorsque les éleveurs l’acquièrent avec le reste de la propriété dans les années 70, l’église est une ruine béante. Le toit de la nef n’existe plus et le mur Nord s’est écroulé, ses pierres vendues. « L’ancien propriétaire y mettait son bélier, se souvient Paulette Raffy, et des sureaux poussaient à l’intérieur. C’est peu après notre arrivée que des travaux ont eu lieu, en 1976. Cela a évité de n’avoir aujourd’hui qu’un tas de cailloux ! »

En effet, alors que la vaste bergerie des nouveaux propriétaires vient juste d’éclore à proximité, l’architecte des bâtiments de France initie une restauration de l’église, après la tentative d’une demande de protection au titre des Monuments historiques, qui n’aboutira pas. La façade disparue est rebâtie en retrait, afin de distinguer l’acte de rénovation, et le toit refait, grâce au soutien financier de la Société de sauvegarde de l’art français.

Sainte-Appolonie valait bien ce sauvetage inespéré : parmi les plus vieux édifices conservés du Lot, elle est l’une des rares églises rurales dites « pré-romanes à angles arrondis », et probablement même la plus remarquable représentante de cette catégorie dans le département. Un plan simple composé d’une nef rectangulaire et d’un coeur quadrangulaire plus étroit, séparés par un mur de refend, sont les caractéristiques de ces églises construites sans pierres de taille, maçonnées avec des techniques rudimentaires (mais efficaces !) et des matériaux locaux.

La difficulté de s’approvisionner dans des carrières expliquerait cette maçonnerie « primitive », qui eut néanmoins l’ingéniosité de bâtir en arrondi pour remédier au manque des pierres nécessaires aux chaînages… commandez le magazine intégral ici et recevez le chez vous : https://direlot.fr/boutique/direlot/direlot-251-janv-fev-2020/

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